
| Le mot du Pasteur - janvier 2010 |
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Vivre comme des frères tout le long de l’année Unité ! Un mot qui fait rêver… Nous aimerions tellement que le genre humain soit uni autour de grandes causes, d’idées généreuses, de projets ambitieux marqués par la fraternité. Mais le genre humain n’est pas uni ; chacun tache de tirer la couverture à soi, au mépris des autres ; les groupes sont souvent antagonistes, hostiles. Il est vrai que des grandes causes humanitaires et quelques idées partagées par tous – mais peu appliquées – maintiennent une apparence d’unité… Le spectacle de l’humanité est complexe et parfois surprenant. Il nous émerveille et nous écœure… Serons-nous un jour unis ? La question n’est pas si simple. Les chrétiens qui clament tous haut et fort que le Dieu révélé qu’ils vénèrent est un Dieu défini par l’amour et qui se donne au monde, sont incapables de vivre unis. Chacun se définit par rapport aux autres, certain d’être dans la Vérité. On mesure la part de vérité que l’on veut bien accorder aux frères hérétiques, schismatiques ou séparés. On s’ignore les uns les autres. Les rapports difficiles entre les églises multitudinistes et les églises confessantes sont teintés de mépris. Au sein d’une même église s’observent des différences conduisant à des exclusions et les discussions entre frères ennemis sont bien souvent redoutables. Le mois de janvier vient régulièrement nous rappeler cette question de l’unité. Comment rêver un monde uni si les chrétiens ne sont pas unis ? Comment rêver un christianisme uni si, à l’intérieur même des grandes confessions ne règne pas cette unité, comme le montrent les débats entre fondamentalistes et tenants d’une lecture plus moderne, entre intégristes et ceux qui sont ouverts au dialogue avec le monde ? Dans ce contexte, la semaine de l’Alliance évangélique début janvier, et la semaine de prière pour l’unité des chrétiens à la fin du même mois, sont autant de fenêtres ouvertes permettant de porter un regard renouvelé sur nos églises. Ces moments ne sont pas limités à quelques jours de janvier. Ils sont destinés à être davantage des messages nous permettant de vivre tout au long de l’année comme des frères, non pas des fils se partageant un héritage, mais des frères qui le mettraient en commun. Sommes-nous pour autant identiques ? Sûrement pas. La part d’héritage que nous avons marque notre spécificité et il faut bien faire fructifier cette part de l’héritage. Ne soyons pas surpris de savoir que les catholiques romains sont catholiques ! Ne soyons pas étonnés de la richesse symbolique de l’orthodoxie ! Ne soyons pas déstabilisés par les courants pentecôtistes charismatiques ! Mais soyons émerveillés de réaliser que tous ensemble, en dialoguant, en nous rencontrant, nous offrons en témoignage une unité dans une diversité riche de promesses pour un monde qui a besoin de messages d’espérance et d’unité. |

