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Le mot du Pasteur - été 2010

Réflexions d'été à partir de la parabole de l'Ivraie (Mt 13/24-30)

Cet été nous aurons l'occasion de voir des champs de blé. C'est toujours une merveille. C'est aussi l'espoir de la moisson et de la nourriture, c'est la vie. Ces champs sont uniformes. Les produits mis dans les champs pour retirer les mauvaises herbes sont efficaces. Pourtant ici et là on a la chance de profiter d'une mauvaise herbe : le coquelicot. Parsemés dans les champs c'est un spectacle, une symphonie de couleurs, du rouge vif au rouge orangé. Les coquelicots égayent tout et on ne peut s'empêcher de revoir en mémoire des tableaux de champs parsemés de ces fleurs d'été. On pense à Claude Monet bien sûr. La beauté est gratuite et ne rapporte rien. On peut voir les fleurs comme de l'ivraie qui encombre les épis... Mais sans elles, la campagne n'a qu'une beauté monotone.

La parabole est sévère, mais elle simplifie en fait la réalité. Les mauvaises herbes ont leur utilité, on le sait depuis que l'écologie s'est imposée. Alors ? Où est la vérité ? Jésus nous dit de laisser grandir l'ivraie et les céréales en même temps... « Il y a un temps pour chaque chose », a dit l'Ecclésiaste. Profitons de ce temps pour contempler... C'est l'été qui commence. Quand viendra la moisson on récoltera le blé et on fera des bouquets avec les fleurs : coquelicots, bleuets ou marguerites, on laissera les ronces de côté.

Il en va ainsi de notre vie... La mauvaise herbe qui est en nous est bien attirante et belle ... c'est le chemin spacieux. mais la mauvaise herbe peut aussi nous être utile. Des expériences ratées peuvent être pleines d'enseignements... après on fait le tri. Des routes qui sont des impasses ne sont pas forcément des échecs. Un peu d'ivraie peut colorer nos vies. Par exemple la paresse peut nous pousser à nous arrêter devant un champ de céréales. Il fait toujours chaud en été, on est toujours un peu fatigué par la chaleur... Oui, mais cette paresse peut être l'occasion de contempler l'ivraie des champs et nous faire réaliser que les tentations sont toujours agréables mais qu'à la fin c'est le bon grain qu'on gardera ... peut-être avec un bouquet de coquelicots.