Les concerts du mois – Novembre 2018

Concert soprano et orgue

Le vendredi 16 novembre à 20h
au Foyer de l’Âme

œuvres de Haendel, Purcell, Mozart

Entrée libre

L’intégrale des cantates de Bach

Le dimanche 4 novembre à 17h30

Cantate de Bach BWV 162 « Ach! ich sehe, izt, da, ich zur Hochzeit gehe »

Coordination artistique Chistophe Laporte

Présentation de la cantate BWV 162

La cantate Ach, ich sehe, itzt, da ich zur Hochzeit gehe fut composée à l’époque où Bach travaillait à la cour du duc de Saxe-Weimar (1708-1717). D’abord organiste Il devient responsable de l’orchestre (Konzertmeister) en 1714. Il y gagnait la responsabilité de présenter chaque mois de nouvelles œuvres et le directeur musical vieillissant de la cour lui laissa aussi volontiers s’investir dans la musique religieuse. Bach espérait bien lui succéder. Malheureusement quand il disparut, quelques mois après la première audition de cette cantate, le duc se tourna vers Telemann. Bien qu’il ait décliné, répondant que Bach était le successeur idéal, c’est le fils du défunt qui emporta le poste. Une décision qui pousserait bientôt Bach au départ.

Les cantates composées à Weimar sont moins développées que celles que Bach créa ensuite à Leipzig. La chapelle ducale était un lieu intime. Ici, pas de chœur introductif et un orchestre de cordes. Quand il reprit cette cantate à Leipzig en 1723, Bach ajouta une trompette à l’effectif.

N’ont survécu que les parties instrumentales séparées, dont les musiciens utilisent aujourd’hui une copie, la partition complète est quant à elle perdue.

L’évangile du jour est la parabole du repas nuptial : parmi les invités conviés par un roi au mariage de son fils, il y aura ceux qui refuse de s’y rendre, ceux que le roi chasse parce qu’ils n’ont pas d’habit de noce et les rares élus (Matthieu 22, 1-14).

Le premier air est anxieux. Le continuo rythme régulièrement la marche, les cordes aigües dessinent de longs soupirs, la basse chante un monde où se côtoie le meilleur et le pire. L’air s’achève sur un appel à l’aide.

Dans son récitatif, le ténor commente la situation : le parti est beau mais quelle pauvre fiancée que l’âme humaine, si faible.

La soprano répond donc par une prière, celle des hommes de foi conviés à l’union mystique avec Dieu. Musique très tendre dont n’a survécu que le continuo mais qu’enluminait très probablement un instrument soliste. La flûte correspondrait bien à cette image de la source qui coule doucement. La partie de flûte de voix (flûte à bec ténor à la sonorité chaude) est donc ici une reconstruction imaginaire.

S’enchainent ensuite deux numéros accompagnés du seul continuo; ce qui laisse supposer que probablement les parties instrumentales sont incomplètes. Le récitatif semble complet, car il est souvent joué secco, sans couleur ajoutée. Le librettiste dévoile ici les conditions pour que l’homme trouve sa place à la noce avec Dieu : le vêtement de la parabole, celui qu’il lui faut adopter, c’est la foi.

Alors la noce sera belle, comme en témoigne l’étonnante danse qu’entame l’orchestre, et avec lui le ténor et l’alto en duo. Les instruments sont joyeux, les chanteurs semblent jouer à chat ou à cache-cache, le bonheur est entier. Peut-être une instrumentation plus dense accompagnait-elle ce numéro…

La cantate s’achève sur une strophe d’un cantique protestant du XVIIe siècle, Alle Menschen müssen sterben, dans laquelle pointe une ultime allusion à l’habit convoité.

Christian Leblé

La présentation complète de chaque cantate jouée dans ce cycle au temple du Foyer de l’Âme est accessible sur le site Les Cantates