Appel à naître

Voici décembre, voici Noël dont les préparatifs ont déjà commencé au Foyer de l’âme pour la célébration du 15 décembre avec les enfants. Voici Noël dont la bonne nouvelle se dit justement avec ce mot d’enfant : un enfant est né. C’est la venue au monde de celui qui est confessé comme étant le Christ, c’est-à-dire « oint », choisi par Dieu et tout entier inspiré par Dieu.

Les récits bibliques autour de cette naissance en racontent l’extrême improbabilité, l’impossibilité majeure :

Dans l’évangile de Luc, la jeune fille n’aurait pas dû et pas pu être enceinte et l’enfant vient au monde alors qu’il n’y a pas de place pour lui dans les lieux des humains.

Dans l’évangile de Matthieu, le fiancé aurait dû renvoyer la fiancée enceinte, et l’enfant aurait dû périr par la fureur du roi.
Autant de manières de signifier que la vie qui vient au monde y advient malgré des forces hostiles, et même là où elle ne pouvait pas survenir.

Ainsi, l’élan qui porte cette vie encore si faible et fragile ne s’accorde pas aux manifestations humaines du pouvoir, de la richesse ou de la raison. Il les contrarie, les conteste, les renverse, les subvertit. Celui qui se manifeste dans cette naissance, ainsi décrite comme enveloppée d’impossibles et d’improbables, ne se tient alors pas du côté des grandeurs écrasantes mais du côté du plus petit, du plus pauvre, du moins que rien. L’humain n’est pas dépassé par une hauteur imposante, mais habité d’une humilité qui le rend enfin à lui-même.

La bonne nouvelle de Noël est celle d’un Dieu qui n’accable pas l’humanité mais se relie à elle au plus vif de sa fragilité et de ses limites. La bonne nouvelle de Noël est celle de l’humain qui n’est pas abandonné à la fatalité et à l’oppression mais qui est encouragé à devenir et rester humain, et qui est accompagné dans ce cheminement déjà raconté à travers ceux de Marie, de Joseph, des bergers et des mages.

Les impossibles et les improbables qui jalonnent nos histoires, fragmentent le monde et restreignent la capacité et l’aspiration à l’humanité, ne délimitent plus l’horizon personnel ou commun. Celui-ci reçoit les couleurs et la lumière d’une véritable espérance, celle d’un excès de vitalité et d’un débordement de vie. Bonne nouvelle de Noël : nous sommes appelés à naître et à devenir sous cet horizon !

Dominique HERNANDEZ

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