Prédication du 18 novembre 2018

de Christophe Lomon

Le temps

Lectures bibliques

  1. Psaume 133

Cantique des degrés. De David. Voici, oh! qu’il est agréable, qu’il est doux Pour des frères de demeurer ensemble! 2 C’est comme l’huile précieuse qui, répandue sur la tête, Descend sur la barbe, sur la barbe d’Aaron, Qui descend sur le bord de ses vêtements. 3 C’est comme la rosée de l’Hermon, Qui descend sur les montagnes de Sion ; Car c’est là que l’Éternel envoie la bénédiction, La vie, pour l’éternité.

  1. Dt. 6.4-8

6.4 Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. 5 Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. 6 Et ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur.7 Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. 8 Tu les lieras comme un signe sur tes mains, et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les écriras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes.

  1. Jean 7.-6 ; 13.13-17 ; Jean 20.1-7

7.6 Jésus dit à ses disciples : « Mon temps n’est pas encore venu, mais votre temps est toujours prêt. »

13.13 Vous m’appelez Maître et Seigneur; et vous dites bien, car je le suis. 14 Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; 15 car je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait. 16 En vérité, en vérité, je vous le dis, le serviteur n’est pas plus grand que son seigneur, ni l’apôtre plus grand que celui qui l’a envoyé. 17 Si vous savez ces choses, vous êtes heureux, pourvu que vous les pratiquiez.

20.1 Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée de la tombe. 2 Elle courut vers Simon Pierre et vers l’autre disciple que Jésus aimait, et leur dit : Ils ont enlevé le Seigneur de la tombe, et nous ne savons pas où ils l’ont mis. 3 Pierre et l’autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. 4 Ils couraient tous deux ensemble. Mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier à la tombe; 5 s’étant baissé, Jean vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n’entra pas. 6 Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans la tombe ; Pierre vit les bandes qui étaient à terre, 7 mais le linge qu’on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, était plié dans un lieu à part.

  1. Galates 6.4-11

4 Que chacun examine ses propres œuvres, et alors il aura sujet de se glorifier pour lui seul, et non par rapport à autrui; 5 car chacun portera son propre fardeau. 6 Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. 7 Ne vous y trompez pas : on ne se moque pas de Dieu. Ce qu’un homme aura semé, il le moissonnera aussi. 8 Celui qui sème pour sa chair moissonnera de la chair la corruption; mais celui qui sème pour l’Esprit moissonnera de l’Esprit la vie éternelle. 9 Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. 10 Ainsi donc, pendant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi. 11 Voyez avec quelles grandes lettres je vous ai écrit de ma propre main.

Seigneur, ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière sur mon chemin.

Prédication

Quand nous prenons le temps de réfléchir à ce qu’est le Temps, ce qui nous vient immédiatement à l’esprit est « le temps qui passe », à ce que nous pouvons relire du Temps passé dans le cours de nos vies et dans nos entourages.

« Avec le Temps, va, tout s’en va ! » Vous aurez reconnu cette chanson du grand poète Léo Ferré.

Je voudrais reposer avec vous cette question du Temps ce matin en la déplaçant. Je souhaiterais déplier la question du temps sur trois modes.

Comment vivons-nous notre présent, Que faisons-nous de notre passé, Comment nous projetons-nous dans l’avenir ? Comment articulons-nous ces trois dimensions de notre temporalité à la lumière de la Bible ?

On pourrait aussi traduire cette question du Temps ainsi, en trois petites questions simples :

– Se souvenir, oui mais de quoi ?
-Vivre, oui mais comment ?
-Transmettre, oui mais pourquoi, et à qui ?

Cette triple interrogation n’est pas seulement philosophique, elle appartient à notre tradition théologique chrétienne, notamment avec le grand Saint-Augustin :

« Si personne ne me demande ce qu’est le Temps, je le sais, mais si on me demande et que j’essaie de répondre, je ne le sais plus du tout ! »

Le temps n’a pas d’être réel. Notre perception du temps, notre insistance à le situer dans l’espace, ne révèlent que la contingence de notre condition humaine. Pour le sujet humain, tous les temps pourraient se conjuguer au Présent : il y a le présent du passé (praesens de praeterito), le présent du présent (praesens de praesentibus) et le présent de l’avenir (praesens de futuris). C’est l’esprit qui introduit la dimension du passé, du présent et de l’avenir. Le temps n’a donc pas d’être en lui-même, mais il n’existe que dans l’esprit. Il peut pourtant avoir une valeur spirituelle.

 

Le passé qui nous fait vivre au présent

Pour commencer à déployer cette question, je voudrais d’abord m’interroger sur le passé. Comment utilisons-nous notre passé dans notre vie présente ? En faisons-nous le meilleur usage pour notre vie au quotidien ?

Nous n’aimerions nous souvenir que des choses importantes, en particulier des belles choses. Mais nous n’arrivons pas à échapper aux choses difficiles voire terribles  que nous avons vécues.

Notre présent n’est pas qu’une expérience directe et volatile ; notre présent a une épaisseur, une densité que nous ne percevons qu’à peine et de manière floue et maladroite.

Et pourtant, le passé est bel et bien actif dans notre présent. Il le façonne au quotidien.

« Le temps, ce grand sculpteur » écrivait Marguerite Yourcenar. Le temps agit sur nous en permanence, il nous transforme de la même manière que le vent déplace des dunes entières et que le sable attaque les parois rocheuses dans le désert.

Entre le passé et le présent, le lien est continu, comme une énergie invisible et réelle qui nous influence et nous déplace sans cesse.

Bien sûr, nous avons une mémoire incontrôlée et incontrôlable, celle que Freud a mise en lumière au travers de nos rêves dans lesquels remontent les vieux démons du passé et où nous revivons, sous un autre mode, des épisodes du passé.

Nous pensons aussi parfois que notre mémoire nous fait défaut quand nous repensons à notre passé. Mais nous savons aujourd’hui, grâce aux neurosciences les plus récentes, que c’est notre présent qui est à la manœuvre, c’est notre présent qui utilise notre passé à ses propres fins. Il exploite nos souvenirs pour façonner à l’envie un état mental nouveau.

Si nous transposons cette idée à notre vie spirituelle, dans nos vies personnelles ou dans les Églises, ce n’est guère différent.

Que choisissons-nous de retenir d’important ? Que choisissons-nous de stabiliser dans nos esprits pour tenter de le valoriser au présent ou dans l’espoir de le réutiliser demain encore ?

Que décidons-nous d’accepter des héritages de nos Pères ? Et quel Père choisissons-nous de préférence, Abraham, Moïse ou Jacob ? Préférons-nous lire la Bible selon la perspective des grandes figures féminines? Préférons-nous nous souvenir de Jérusalem ou de Bethlehem ? Quel Évangile avons-nous fait nôtre en particulier ?

Quel est notre Canon personnel dans le Canon biblique ?

De fait, nous allons piocher ce qui nous intéresse et même plus ce qui fait sens dans notre récit de vie, ce qui peut nous nourrir encore, nous protéger pour vivre ce qui est certes une continuité́ d’existence mais bien plus, un présent recomposé.

Le texte de Dt. 6.4-8 nous redit cela. « Écoute, Israël̈l !ces commandements, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton cœur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras. »

Dieu nous donne ces commandements mais nous les transmet aussi pour que nous les fassions vivre au quotidien, au présent. Il s’agit d’en parler aussi souvent que possible, de les actualiser, et de les mettre en pratique. Ce qui vient du passé n’est pas destiné à être fixé dans la pierre, à être érigé́ en Mausolée mais à être employé dans la parole de tous les jours, à être incessamment répété et réutilisé.

Ce qui est remarquable dans ce texte est cette liaison qui est faite entre le temps physique et le temps métaphysique. Dans ce texte, le corps n’est pas séparé de l’esprit. Même si notre tradition chrétienne est moins attachée aux pratiques rituelles, nous portons dans notre chair, dans nos attitudes, dans nos gestes, le poids de notre héritage christique.

Nous allons dans les hôpitaux visiter les malades, nous apprenons à nos enfants à joindre les mains quand nous disons une prière avant de se coucher, nous mettons des symboles religieux dans nos voitures, nous nous réunissons physiquement chaque dimanche pour prier ensemble. Nous impliquons notre corps, quel que soit son état pour nous présenter ensemble devant Dieu. Nous utilisons de l’eau pour baptiser, de la lumière pour partager nos prières, nous entendons de la belle musique pour porter nos cœurs et nos méditations. Le dimanche, au moins le dimanche, nous faisons corps. L’espace de la rencontre est aussi l’espace d’un présent renouvelé, un partage qui est une tradition rééditée et jamais, jamais semblable malgré les rites et les liturgies que nous pratiquons.

Bien sûr, nous ne sommes plus sous La Loi mais d’une certaine manière, nous préservons cette loi en l’incarnant. En utilisant nos cinq sens. Et grâce à de nouvelles pratiques, nous honorons la Loi de nos prédécesseurs.

Surtout, nous ne voulons pas que ce qui est passé nous donne de la nostalgie, pour ne pas rester collé à nos souvenirs. Nous ne voulons pas être les Hébreux qui regardent derrière eux vers l’Égypte et qui refusent le présent, la réalité du chemin. Nous voulons continuer avec la Loi de Moïse qui peut s’emporter chaque jour que Dieu fait. Oui, de toutes nos forces et de toute notre âme, nous voulons transmettre ce simple message. « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel. Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. »

La mémoire est aussi comme ce grand linge plié dans un tombeau ouvert. Nous en lisons les plis anciens, nous les déplions et nous les replions. C’est dans ces plis que nous relisons les différentes dimensions de notre vie.

Plier ce linge, c’est décider d’organiser notre vie présente. Plier notre mémoire, c’est choisir de ce que nous tenons à nous remémorer en premier. C’est faire un choix dans notre mémoire et hiérarchiser ce qui nous permet de continuer notre cheminement.

Ainsi dans le passage de l’Évangile selon Jean. Une partie du linge porté par le Christ est laissé au sol, comme pour signifier que les bandes qui entourent notre corps mort peuvent être négligées, abandonnées et peut-être même foulées au pied. En revanche, le linge soigneusement plié ou roulé sur la pierre tombale est une indication de ce que nous pouvons conserver et transmettre.

 

Petite parenthèse linguistique

Dans les langues sémitiques, on marque le temps selon deux dimensions essentielles. Ce qui est accompli d’un côté et ce qui est inaccompli de l’autre.

L’accompli, c’est ce qu’on peut fixer dans l’enclos du passé, dans un tombeau, quand la pierre a été roulée pour ne plus y accéder depuis l’extérieur. Les bandelettes symbolisent dans l’Évangile selon Jean la mort, celle que l’on peut dater et accompagner par de rites précis avant de fermer le tombeau. Il y a un avant cette date et un après cette date. Ainsi, nous n’avons qu’une date de naissance et une date de mort et  peut-être quelques autres dates de nos vies que nous pouvons fixer sur le papier ou dans la pierre.

C’est une image de l’accompli, de ce qui est définitif, fermé, clos pour la vie. Nous ne pouvons plus agir dessus. « Tout est accompli » dira Jésus à la Croix.

Pour ce qui est de l’inaccompli, il y a une dynamique différente. On part là aussi d’un geste passé, mais on plie soigneusement le linge dans l’attente que quelqu’un ouvre la porte du tombeau, reprenne ce linge et en fasse souvenir ou un nouvel usage dans sa vie qui se poursuit.

Cette image du linge plié est donc celle d’une mémoire active, volontaire, qui réinterprète un point d’histoire pour le faire fonctionner encore dans le présent, pour le faire fructifier.

Nous désirons redire, à l’infini, que Dieu est notre Créateur. Nous voulons répéter ensemble les prières, nous souhaitons que nos enfants les apprennent avec nous pour que la chaîne ne soit jamais brisée. Pour y ajouter de nouveaux maillons.

Chaque époque a eu sa part de gloire et sa part de déception. Nous, Chrétiens, ne voulons pas vivre dans le Passé mais nous souvenir et valoriser le Passé.

Nous ne voulons pas entendre ni croire que toute chose a été créée ce matin pendant que nous prenions notre douche et notre petit déjeuner.

Nous ne voulons pas seulement croire qu’il y eut un avant et qu’il y aura un demain qui n’y soit pas rattaché. Notre foi n’est pas une simple répétition mais une réinvention quotidienne de ces éléments du passé.

Se souvenir, c’est consolider ses fondations jour après jour. Mesurer le chemin accompli, donner de la qualité à notre existence, estimer non pas la distance parcourue mais le cheminement que nous avons fait et que nous ferons jusqu’à ce soir.

 

La tentation de la fuite en avant

Comment vivons-nous notre présent pour le présent ? Savons-nous résister à l’envie de nous projeter vers l’avenir, au risque de passer à côté de notre vie présente ? Et pourtant, l’avenir est tel un aimant puissant qui tente de s’imposer dans notre présent.

De fait nous faisons des choix, nous envisageons ce qui nous intéresse, nous anticipons ce que nous croyons pouvoir nous protéger ou pour conserver nos acquis.

Dans l’Évangile selon Jean, la figure de la Tentation est celle de Judas l’Iscariote. Il partage le repas avec Jésus et les disciples mais se projette déjà dans l’Avenir. Il joue un coup d’avance dans une partie de jeu d’échecs qu’il est le seul à connaître. Il s’émancipe du présent pour jouer le coup d’après.

Il y a plusieurs manières de dire le mot ‘temps’ dans l’Évangile. Nous connaissons le mot chronos en ce qu’il a donné les mots chronologie ou chronomètre. Le Kronos c’est le temps que l’on peut mesurer. Il ne nous intéresse pas ce matin puisqu’une minute se déroulant sous nos yeux est déjà rendue obsolète par une autre qui va la suivre et que nous ne connaissons pas. Le Kronos c’est le temps de la création de dieu, le temps de son œuvre, de ses créatures. Le temps de la contingence.

Ce qui nous intéresse ce matin porte un autre nom que nous retrouvons dans les Lectures, c’est le Kaïros, celui du geste de Dieu même, le poids de son intervention, le sens de son action. Quand Dieu intervient dans la vie des humains notamment, ce temps que l’on ne peut pas anticiper, décrypter, interpréter sur le moment même. C’est une fulgurance de Dieu, sa part de liberté. C’est pour nous l’inattendu de Dieu.

Le Christ l’emploie à propos de lui-même dans l’évangile selon Jean. Paul l’utilise dans nombre de ses épîtres avec le même sens.

Dans ce premier siècle dans lequel vit et écrit Paul, le mot Kaïros doit rappeler que tout est à construire avec l’appui de Dieu. Mais le mot Kaïros n’est pas inconnu à cette époque en Grèce. Kaïros est aussi le nom d’un de ces nombreux dieux qui expriment la vie des humains.

Kaïros a même une image, celui d’un homme aux pieds ailés et à la coiffure étrange. Il porte sur son crâne rasé une petite touffe de cheveux que l’on ne voit que de devant. Ainsi, quand Kaïros se présente devant nous, il faut le saisir par cette unique mèche de cheveux. A défaut, Kaïros continue de courir et nous ne pouvons plus l’arrêter ni le saisir.

Kaïros, c’est la possibilité donnée aux humains de saisir le moment, l’opportunité qui se présente.

La philosophie, la théologie, la poésie, la littérature savent exprimer, chacune dans son propre style, cette idée. On peut penser à ce vers connu de Ronsard : « mignonne, allons voir si la rose… »
Mais nous oublions souvent que le poème se termine par ces mots :

« Cueillez, cueillez votre jeunesse … »

Le temps s’écoule bien sûr comme un grand fleuve, mais le temps se cueille aussi comme une fleur, dans l’instant pleinement vécu. Un moment qui n’a ni avant ni après. C’est le bon moment, le moment opportun. Et pour beaucoup de philosophes et de mystiques, c’est l’essence de la vie même.

Un moment qui oublie le passé et ignore l’avenir. Un moment suspendu.

Pour les théologiens aussi, le Kaïros est important. Bultmann l’associe à l’idée de Crise, du départage, de la délibération et de la conciliation qui se jouent en un instant. Pour Tillich, « le Kaïros est uni avec le Logos [la Parole et l’action créatrice de Dieu], la vie éternelle même ».

On retrouve encore cette idée de Kaïros dans le Psaume 133. La rencontre des croyants au Temple est le lieu, la modalité-même de la bénédiction divine et de la vie éternelle.

On le retrouve dans ce passage du lavement des pieds où le Christ fait basculer et bouscule la place du serviteur et du maître.

Pour nous, Chrétiens, le Kaïros est l’événement Christ même. C’est la place que nous donnons à la vie spirituelle dans chacune de nos pensées et de nos actions. Je ne parle pas de vie religieuse, mais bien de vie spirituelle, cette expérience mystique dans notre existence quotidienne…

Il faudrait en quelque sorte être insouciant. Ne plus se soucier ni de soi ni de l’avenir pour prendre la mesure de notre Kaïros, de cette chance de pouvoir trouver Dieu, de le rencontrer dans une belle série d’aventures bien humaines.

« Ne nous lassons pas de faire le bien. Pratiquons le bien envers tous et en particulier envers nos Frères. » Parmi les nombreux conseils donnés par l’apôtre Paul, ses exhortations envoyées aux premières communautés chrétiennes, celle de Galates nous enseigne à nous entraider, à porter notre attention envers l’autre. C’est par la pratique du Bien, que nous mettons en marche les fruits de l’esprit dont Paul nous dit ailleurs que le plus grand, c’est la Charité, autrement dit l’amour fraternel.

Il ne s’agit pas bien sûr de délimiter un cercle d’élus, de purs et de poser une frontière entre ceux du dedans et ceux du dehors. Non! Il s’agit d’abord de se souder autour de la foi, de l’espérance et de la charité pour constituer un noyau capable d’irradier, d’inspirer la société.

Pour ce qui est de nos communautés, j’ai parfois envie d’emprunter une image à nos bons vieux westerns : celle des portes des saloons. On peut pousser ces portes à deux battants dans les deux sens. Entrer ou sortir selon notre désir profond.

Cette image des portes à deux battants fonctionne aussi pour ceux qui voudraient entrer.

Par exemple, pour des visiteurs qui entreraient ici par pure curiosité. Si ce qu’ils trouvent parmi nous leur plaît, ils reviendront. Mais ils restent libres de ne pas rester et la porte peut encore se pousser vers l’extérieur.

L’amour fraternel, le moment qui naît de la rencontre avec nos frères et avec des inconnus sont donc tout à la fois, un Kaïros, une nouvelle création, et une bénédiction divine.

Frères et Sœurs, ne nous lassons pas de faire le Bien et de convoquer le Beau dans nos vies !

Amen