Méditation du 3 avril 2026
Culte du Vendredi Saint
de Catherine Axelrad
Crucifie, crucifie-le…
Lecture : Luc 22 et 23
Lecture (1e partie)
(mise en scène par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire)
Pierre : Seigneur, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort.
Jésus : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd’hui que tu n’aies nié trois fois de me connaître.
Jésus : Quand je vous ai envoyés sans bourse, sans sac, et sans souliers, avez-vous manqué de quelque chose?
Pierre : De rien.
Jésus : Maintenant, au contraire, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée.
Car, je vous le dis, il faut que cette parole qui est écrite s’accomplisse en moi : Il a été mis au nombre des malfaiteurs. Et ce qui me concerne est sur le point d’arriver.
Pierre : Seigneur, voici deux épées.
Jésus : Cela suffit.
Narrateur 1 : Après être sorti, Jésus alla, selon sa coutume, à la montagne des Oliviers. ses disciples le suivirent.
Lorsqu’il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit :
Jésus : Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.
Narrateur 1 : Puis il s’éloigna d’eux à la distance d’environ un jet de pierre, et, s’étant mis à genoux, il pria en disant :
Jésus : Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.
Narrateur 1 : Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.
Étant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang, qui tombaient à terre.
Après avoir prié, il se leva, et vint vers les disciples, qu’il trouva endormis de tristesse, et il leur dit :
Jésus : Pourquoi dormez-vous ? Levez-vous et priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.
Narrateur 1 : Comme il parlait encore, voici, une foule arriva; et celui qui s’appelait Judas, l’un des douze, marchait devant elle. Il s’approcha de Jésus, pour l’embrasser.
Et Jésus lui dit :
Jésus: Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme !
Narrateur 1 : Ceux qui étaient avec Jésus, voyant ce qui allait arriver, dirent:
Pierre : Seigneur, frapperons-nous de l’épée?
Narrateur 1 : Et l’un d’eux frappa le serviteur du souverain sacrificateur, et lui emporta l’oreille droite. Mais Jésus, prenant la parole, dit :
Jésus : Laissez, arrêtez!
Narrateur 1: Et, ayant touché l’oreille de cet homme, il le guérit.
Jésus dit ensuite aux principaux sacrificateurs, aux chefs des gardes du temple, et aux anciens, qui étaient venus contre lui:
Jésus : Vous êtes venus, comme après un brigand, avec des épées et des bâtons.
J’étais tous les jours avec vous dans le temple, et vous n’avez pas mis la main sur moi. Mais c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres.
Narrateur 1 : Après avoir saisi Jésus, ils l’emmenèrent, et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin.
Narrateur 2 : Ils allumèrent du feu au milieu de la cour, et ils s’assirent. Pierre s’assit parmi eux. Une servante, qui le vit assis devant le feu, fixa sur lui les regards, et dit :
La servante : Cet homme était aussi avec lui.
Narrateur 2 : Mais il le nia en disant :
Pierre : Femme, je ne le connais pas.
Narrateur 2 : Peu après, un autre, l’ayant vu, dit :
Un témoin : Tu es aussi de ces gens-là.
Narrateur 2 : Et Pierre dit:
Pierre : Homme, je n’en suis pas.
Narrateur 2 : Environ une heure plus tard, un autre insistait, disant :
Un témoin : Certainement cet homme était aussi avec lui, car il est Galiléen.
Narrateur 2 : Pierre répondit:
Pierre : Homme, je ne sais pas ce que tu dis.
Narrateur : Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta.
Le Seigneur, s’étant retourné, regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite :
Jésus : Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois.
Narrateur 2 : Et étant sorti, Pierre pleura amèrement.
Les hommes qui tenaient Jésus se moquaient de lui, et le frappaient.
Ils lui voilèrent le visage, et ils l’interrogeaient, en disant : Devine qui t’a frappé.
Et ils proféraient contre lui beaucoup d’autres injures.
Quand le jour fut venu, le collège des anciens du peuple, les principaux sacrificateurs et les scribes, s’assemblèrent, et firent amener Jésus dans leur sanhédrin. Ils dirent :
Les accusateurs : Si tu es le Christ, dis-le nous.
Jésus : Si je vous le dis, vous ne le croirez pas;
et, si je vous interroge, vous ne répondrez pas.
Désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu.
Narrateur 2 : Tous dirent :
Les accusateurs : Tu es donc le Fils de Dieu?
Jésus : Vous le dites, je le suis.
Les accusateurs : Qu’avons-nous encore besoin de témoignage? Nous l’avons entendu nous-mêmes de sa bouche.
Narrateur 2 : Ils se levèrent tous, et ils conduisirent Jésus devant Pilate.
Ils se mirent à l’accuser, disant :
Les accusateurs : Nous avons trouvé cet homme excitant notre nation à la révolte, empêchant de payer le tribut à César, et se disant lui-même Christ, roi.
Narrateur 2 : Pilate l’interrogea, en ces termes :
Pilate : Es-tu le roi des Juifs ?
Jésus : Tu le dis.
Narrateur 2 : Pilate dit aux principaux sacrificateurs et à la foule :
Pilate : Je ne trouve rien de coupable en cet homme.
Narrateur 2 : Mais ils insistèrent, et dirent:
Les accusateurs : Il soulève le peuple, en enseignant par toute la Judée, depuis la Galilée, où il a commencé, jusqu’ici.
Narrateur 2 : Quand Pilate entendit parler de la Galilée, il demanda si cet homme était Galiléen; et, ayant appris qu’il était de la juridiction d’Hérode, il le renvoya à Hérode, qui se trouvait aussi à Jérusalem en ces jours-là.
Lorsque Hérode vit Jésus, il en eut une grande joie; car depuis longtemps, il désirait le voir, à cause de ce qu’il avait entendu dire de lui, et il espérait qu’il le verrait faire quelque miracle.
Il lui adressa beaucoup de questions; mais Jésus ne lui répondit rien.
Les principaux sacrificateurs et les scribes étaient là, et l’accusaient avec violence.
Hérode, avec ses gardes, le traita avec mépris; et, après s’être moqué de lui et l’avoir revêtu d’un habit éclatant, il le renvoya à Pilate.
Ce jour même, Pilate et Hérode devinrent amis, d’ennemis qu’ils étaient auparavant.
Pilate, ayant assemblé les principaux sacrificateurs, les magistrats, et le peuple, leur dit :
Pilate : Vous m’avez amené cet homme comme excitant le peuple à la révolte. Et voici, je l’ai interrogé devant vous, et je ne l’ai trouvé coupable d’aucune des choses dont vous l’accusez; Hérode non plus, car il nous l’a renvoyé, et voici, cet homme n’a rien fait qui soit passible de mort.
Je le relâcherai donc, après l’avoir fait battre de verges.
Narrateur 2 : A chaque fête, il était obligé de leur relâcher un prisonnier.
Ils s’écrièrent tous ensemble:
Les accusateurs : Fais mourir celui-ci, et relâche-nous Barabbas.
Narrateur 2 : Cet homme avait été mis en prison pour une sédition qui avait eu lieu dans la ville, et pour un meurtre.
Pilate leur parla de nouveau, dans l’intention de relâcher Jésus.
Et ils crièrent :
Les accusateurs : Crucifie, crucifie-le!
Narrateur 2 : Pilate leur dit pour la troisième fois:
Pilate : Quel mal a-t-il fait ? Je n’ai rien trouvé en lui qui mérite la mort. Je le relâcherai donc, après l’avoir fait battre de verges.
Narrateur 2 : Mais ils insistèrent à grands cris, demandant qu’il fût crucifié. Et leurs cris l’emportèrent : Pilate prononça que ce qu’ils demandaient serait fait. Il relâcha celui qui avait été mis en prison pour sédition et pour meurtre, et qu’ils réclamaient; et il livra Jésus à leur volonté.
Méditation
Nous voici donc arrivés au point de non retour – un point culminant du récit, un peu comme si tout ce que nous avons entendu jusqu’alors n’avait été raconté que pour nous y conduire. Fais le disparaître (littéralement : élimine, supprime !) Crucifie, crucifie-le ! Ces cris, les évangiles nous disent qu’ils ont été poussés par le peuple, donc le peuple juif – ces cris sont-ils donc, peuvent-ils être à l’origine des souffrances que ce peuple juif connaîtra ensuite dans les pays majoritairement chrétiens ? Ces cris sont-ils à l’origine des persécutions et des pogroms, à l’origine de la Shoah et de ses suites géo-politiques – et donc, indirectement, ces cris sont-ils à l’origine de ce à quoi nous assistons actuellement, dans une impuissance désespérée : ces cris sont-ils à l’origine de la transformation d’un pays-refuge en un pays d’apartheid impérialiste ? Ces cris sont-ils donc, indirectement et en retour, à l’origine de la haine mutuelle et du conflit mondial actuellement renouvelé ?
Cette question n’est pas une question rhétorique pour me permettre une réponse facile et apaisante, cette question me hante – nous hante – depuis longtemps et particulièrement en ce moment. Pour l’illustrer et alléger un peu notre méditation, je vais vous confier une histoire vraie : au milieu des années 1950, il y a tout juste 70 ans, à Courbevoie, deux enfants de onze ans, deux garçons en culottes courtes avec leur cartable sur le dos, se rendent au collège en bavardant, et comme c’est bientôt Pâques ils parlent de la passion et de la mort de Jésus. Quoi de plus normal à l’époque que de parler de la passion et de la mort de Jésus tout en cherchant des billes dans le caniveau ! Le jeune Jean-Loup Bourget répète sagement à son camarade ce qu’il a appris au catéchisme de l’église catholique St Pierre St Paul : « C’est les Juifs qui ont tué Jésus ». C’est alors qu’il entend de la bouche du jeune Michel Reverdy, paroissien du temple protestant récemment construit rue Kilford, une réponse catégorique qui le surprend – et qui l’intéresse, autant par son contenu que par sa liberté d’interprétation du texte biblique : « Non, c’est les Pharisiens et les Romains ». Cette réponse – toute à l’honneur des catéchètes de la rue Kilford – correspondait en effet au moment où, avec la prise de conscience de l’après-guerre sur les conséquences de l’antisémitisme, la tendance se développait de minimiser le rôle du peuple dans la condamnation de Jésus, pour en reporter la lourde responsabilité sur le gouverneur romain et les leaders juifs (ces prêtres et ces scribes auxquels Jésus s’en prenait si souvent, et à qui il vient de dire « c’est ici votre heure, et la puissance des ténèbres »).
Et pourtant, dans tous les évangiles, même si les récits de la Passion diffèrent, dans tous les évangiles et particulièrement dans celui que nous entendons ce soir, la voix du peuple, ou plutôt ses clameurs se font largement entendre. Luc nous avait toujours présenté la foule des juifs comme favorable à Jésus, or elle se range subitement du côté de ses adversaires. Bien sûr « la foule » est versatile et change facilement d’avis, mais plusieurs questions se posent : qu’appelle-t-on foule, ou peuple, dans les évangiles ? Combien de personnes par rapport à la population de Jérusalem ? Trente ou trois cents ? Est-ce que ce sont les mêmes personnes qui, à un endroit de la ville, dans un grand malentendu, ont accueilli Jésus sur son ânon comme un messie politique, un libérateur, et qui sont peut-être déçues ? Ou est-ce qu’il s’agit d’autres personnes, ailleurs, plus ou moins manipulées, qui se rangent du côté du plus fort pour l’accuser ? En tous cas cette scène fondatrice est l’aboutissement d’un déploiement de cruauté sur Jésus, une suite d’amusements de plus en plus violents, auxquels la foule semble assister sinon avec plaisir, du moins sans manifester de déplaisir. Cette scène est fondatrice car nous l’avons entendu, Luc y insiste sur l’humiliation et les souffrances de Jésus renvoyé d’une instance à une autre, subissant la cruauté des tortionnaires ; or il s’adresse à des croyants – souvent persécutés eux-mêmes – pour qui ces exactions sont insoutenables car ils y voient le divin livré à l’humain, et quel humain… ; nous sommes bien à l’heure de la puissance des ténèbres : non seulement la royauté messianique de Jésus semble abolie, mais c’est tout simplement le bien qui est livré au mal et l’amour livré à la haine ; Calvin parlera avec beaucoup de pudeur de cette confrontation comme d’un spectacle « fort étrange et difforme », un spectacle pour lequel un prédicateur ami a récemment inventé le joli terme de dé-transfiguration. C’est en effet une dé-transfiguration de Jésus qui nous est décrite ici, et puisque nous sommes venu l’entendre ce soir, c’est que nous partageons d’une manière ou d’une autre l’idée que c’est bien à ce moment qu’il reçoit l’onction royale – nous croyons que c’est justement cette dé-transfiguration qui fait de Jésus notre Christ.
Mais la question de la responsabilité demeure, d’autant plus aiguë que par rapport aux autres évangélistes, Luc met tout son talent d’écrivain en œuvre pour atténuer celle des Romains ; chaque parole d’humanité et de raison du gouverneur reçoit une réponse violente, chaque proposition de sa part fait monter les décibels de haine – et dans cette reconstruction littéraire qui entretiendra largement l’idée d’un peuple juif « déicide », bien sûr on pourrait parler de la lâcheté de Pilate, mais ici c’est bien la foule juive qui est la première à exiger pour Jésus le supplice de la croix. Et leurs cris l’emportèrent…
La question demeure, car contrairement peut-être à ce qu’avait appris le jeune protestant de Courbevoie, le fait que cette scène soit une reconstruction littéraire n’empêche sans doute pas qu’elle corresponde à une certaine réalité historique. Il est bien évident pour nous aujourd’hui que cela n’a jamais justifié aucun antijudaïsme : quand bien même des juifs auraient jadis demandé la mort de Jésus, en quoi cela aurait-il dû concerner les générations suivantes et justifier la moindre « vengeance » ? Mais à l’époque, avant même la séparation effective d’avec le judaïsme, les premiers chrétiens ont vu dans les malheurs du peuple juif une punition divine, à commencer par la destruction définitive du temple en 70. Et nous connaissons tous la suite, la colère entretenue par les récits de la passion, souvent théâtralisés, et même par Luther pour qui tout cela est l’oeuvre du diable qui, ayant réussi à manipuler les Juifs en les faisant demander ce supplice pour Jésus, poursuit son œuvre maléfique en les empêchant de se repentir et de se convertir à Christ.
Crucifie, crucifie ! Ces cris de mort pourraient bien nous étouffer. Mais dans cette hantise la lecture qu’en fait Calvin nous apporte une bouffée d’oxygène, une aide pour réfléchir et accompagner notre propre interprétation. Le premier élément positif c’est que Calvin s’intéresse très peu, voire pas du tout, à l’appartenance ethnique des accusateurs ; en revanche il n’a aucun doute sur sa propre place dans cette scène ; il sait qu’il y est présent et qu’il crie avec les autres, comme nous crions tous, à un moment ou un autre de notre existence ; selon sa lecture – qui est aussi la nôtre aujourd’hui, mais si rare à son époque – selon sa lecture ce déchaînement de fureur aveugle est celui de tous les humains ; toutes et tous nous avons crié, toutes et tous nous sommes acteurs de cette terrible mise en scène ; toutes et tous, je cite, « nous devons être saisis d’horreur d’avoir ainsi part à la crucifixion de Jésus, car il est impossible que l’homme n’entre en grande horreur, déplaisance de soi-même et détestation de ses forfaits, quand il considère que le fils de Dieu a été abaissé jusque là. » Oui, nous savons bien qu’ici le peuple, juif ou non, c’est nous ; c’est nous-mêmes qui laissons ici libre cours à ces sentiments de haine ou de colère qui nous habitent si souvent, c’est nous-mêmes qui, comme Pilate, laissons par lâcheté commettre d’atroces injustices.
Mais aussi, poursuit Calvin dans sa belle langue du 16ème siècle – et je vais lui laisser le dernier mot, pour que l’espérance demeure : « mais aussi de cela nous revient une grande matière d’assurance. Car pource que Christ a été plongé en cette ignominie profonde, afin qu’en s’abaissant si fort, il nous fait monter à la gloire céleste ; pource qu’il a été estimé pire qu’un brigand, afin qu’il nous assemblât au rang des anges de Dieu ».
Lecture (2e partie)
(mise en scène par la pasteure Béatrice Cléro-Mazire)
Comme ils l’emmenaient, ils prirent un certain Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et ils le chargèrent de la croix, pour qu’il la porte derrière Jésus.
Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.
Jésus se tourna vers elles, et dit :
Jésus : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi; mais pleurez sur vous et sur vos enfants.
Car voici, des jours viendront où l’on dira : Heureuses les stériles, heureuses les entrailles qui n’ont point enfanté, et les mamelles qui n’ont point allaité!
Alors ils se mettront à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! Et aux collines :
Couvrez-nous!
Car, si l’on fait ces choses au bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec?
Narrateur 2 : On conduisait en même temps deux malfaiteurs, qui devaient être mis à mort avec Jésus.
Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche.
Jésus dit :
Jésus : Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font.
Narrateur 2 : Ils se partagèrent ses vêtements, en tirant au sort.
Le peuple se tenait là, et regardait. Les magistrats se moquaient de Jésus, disant:
Les accusateurs : Il a sauvé les autres; qu’il se sauve lui-même, s’il est le Christ, l’élu de Dieu!
Narrateur 2 : Les soldats aussi se moquaient de lui; s’approchant et lui présentant du vinaigre,
ils disaient :
Les accusateurs : Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même!
Narrateur 2 : Il y avait au-dessus de lui cette inscription: Celui-ci est le roi des Juifs. L’un des malfaiteurs crucifiés l’injuriait, disant :
Larron 1 : N’es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et sauve-nous!
Narrateur 2 : Mais l’autre le reprenait, et disait :
Larron 2 : Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation?
Pour nous, c’est justice, car nous recevons ce qu’ont mérité nos crimes; mais celui-ci n’a rien fait de mal.
Souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton règne.
Jésus : Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
Narrateur 2 : Il était déjà environ la sixième heure, et il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure.
Le soleil s’obscurcit, et le voile du temple se déchira par le milieu.
Jésus s’écria d’une voix forte :
Jésus : Père, je remets mon esprit entre tes mains.
Narrateur 2 : Et, en disant ces paroles, il expira.
Narrateur 2 : Le centenier, voyant ce qui était arrivé, glorifia Dieu, et dit:
Le centenier : Certainement, cet homme était juste.
Narrateur 2 : Et tous ceux qui assistaient en foule à ce spectacle, après avoir vu ce qui était arrivé, s’en retournèrent, se frappant la poitrine.
Tous ceux de la connaissance de Jésus, et les femmes qui l’avaient accompagné depuis la Galilée, se tenaient dans l’éloignement et regardaient ce qui se passait.
Il y avait un conseiller, nommé Joseph, homme bon et juste,
qui n’avait point participé à la décision et aux actes des autres; il était d’Arimathée, ville des Juifs, et il attendait le royaume de Dieu.
Cet homme se rendit vers Pilate, et demanda le corps de Jésus.
Il le descendit de la croix, l’enveloppa d’un linceul, et le déposa dans un sépulcre taillé dans le roc, où personne n’avait encore été mis.
C’était le jour de la préparation, et le sabbat allait commencer.
Les femmes qui étaient venues de la Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé,
et, s’en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. Puis elles se reposèrent le jour du sabbat, selon la loi.
