Les concerts du mois – Novembre 2020

Les Cantates ont suspendu leur cycle depuis avril dernier.

Les concerts auraient dû normalement reprendre à partir du 6 décembre 2020, 1er dimanche de l’Avent. Nous vous tiendrons au courant en fonction de l’évolution de la situation sanitaire et de la période de confinement.

En attendant, voici un écho du concert donné le 2 novembre 2014. Il s’agit de la Cantate BWV 5 “Wo soll ich fliehen hin”.

Vous trouverez également en PDF le programme complet de la cantate.

Bonne écoute !

Les Cantates

Dimanche 2 novembre 2014

Cantate BWV 5 “Wo soll ich fliehen hin”

(Prélude en sol mineur BWV 535 et
Prélude de choral “Wo soll ich fliehen hin” BWV 646)

Avec l’aimable autorisation des musiciens

Donatienne Michel-Dansac*, Sophie Vicente,
Claire de Bucy, Alice Fagard – sopranos
Luc-Emmanuel Betton*, Akiko Matsuo – altos
Thomas Barnier*, Olivier Guérinel, Benoît Faure-Jarrosson – ténors
Igor Bouin*, Philippe Pombet, Pierre de Bucy – basses

(* solistes)

Jean-Charles Denis – trompette à coulisse et trompette naturelle
Christophe Mazeaud, Neven Lesage – hautbois
Sayaka Shinoda, Olivier Fauvel, Sophie Loyan,
Marie Bouvard, Freddy Eichelberger (coordination artistique)violons
Fanny Paccoud, Marie-Madeleine Krynen – altos
François Gallon – violoncelle
Gilles Faivre – contrebasse
Frédéric Rivoal – clavecin
Olivier Dec – orgue

Sébastien Cadet – souffleur

La cantate Wo soll ich fliehen hin fut présentée par Bach pour la première fois au public de Leipzig le 15 octobre 1724. Elle emprunte son thème à l’évangile du jour, la parabole du Christ guérissant un paralytique. Cette guérison symbolise la rémission des péchés de l’homme, obtenue par le sacrifice du Christ sur la croix.
Le sang versé pour le salut des hommes est au cœur de la foi luthérienne. Bach souligne ce caractère essentiel en donnant à sa cantate une forme parfaite, en arche.

Il compose à partir d’un cantique ancien, écrit en 1630, en pleine guerre de Trente Ans, par Johann Heermann. D’une manière très habituelle, la première et la dernière strophe du texte apparaissent in extenso et les autres sont librement paraphrasées.
La mélodie anonyme qui accompagne traditionnellement ce cantique est publiée en Allemagne par le compositeur Johann Hermann Schein en 1627. Elle est citée trois fois, sous trois formes différentes, au début, au centre et à la fin de la cantate.

Le texte choisi par Bach débute par des mots d’angoisse et le chœur d’ouverture de la cantate réussit magnifiquement à créer le climat correspondant. La musique semble confuse, les lignes désorientées. Ne surnage qu’une voix, celle des sopranos qui chantent le choral ancien. La limpidité et le calme de cette voix la placent hors de l’enchevêtrement général.
Deux stations jalonnent le chemin jusqu’au cœur de la cantate. Un récitatif évoque d’abord les plaies du Christ sur la croix, dont s’écoule le sang versé pour le salut des hommes. Puis un air vient exalter très physiquement ce bain purificateur, alimenté par une source continue de notes à l’alto solo. Sa belle abondance est en majeur.
L’auditeur débouche maintenant sur un plateau. Récitatif dépouillé consacré au « sang inestimable de Jésus » où résonne la mélodie du choral ancien. La sobriété de moyens est surprenante, pourtant ce hautbois derrière le chant crée un puissant appel.
Le versant à redescendre offre un miroir parfaitement symétrique : air en majeur, récitatif et final avec réapparition du choral ancien.
Les derniers mots du récit parlaient de triomphe sur le diable. C’est l’annonce d’un air batailleur, armé, avec trompette et hautbois, majestueusement confié à la basse.
Un dernier récitatif implore un soutien divin constant. Le choral original réapparaît une dernière fois, simplement harmonisé, dans la même tonalité que le chœur d’ouverture.
Si l’on pouvait maintenant rejouer ce début, on percevrait clairement combien il est irrigué par l’ancienne mélodie.

Christian Leblé

http://www.lescantates.org/