Les concerts du mois – Décembre 2019

Les Cantates

Dimanche 1er décembre – 17h30

Cantate BWV 61 “Num komm, des Heiden Heiland”
Coordination artistique Laure Morabito

La cantate BWV 61 Nun komm, den Heiden Heiland est donnée pour la première fois le 2 décembre 1714 à Weimar. Bach la reprendra une fois installé à Leipzig, dix ans plus tard, et en composera une seconde cantate sur ce même choral Nun komm, den Heiden Heiland, adapté par Luther de l’hymne latin Veni Redemptor Gentium.
Pour l’instant, à 30 ans, il est au service du duc de Saxe-Weimar et écrit pour les offices de sa chapelle. L’exécution est donc intime, pas si éloignée de celle d’aujourd’hui.
Cette cantate n’a rien de narratif, elle concentre musicalement des éléments essentiels : la puissance de la manifestation divine, l’espérance de l’homme. Le premier dimanche de l’Avent, ce n’est pas encore la Nativité, c’est l’attente du Sauveur.
Le premier choeur prend comme modèle l’ouverture «à la française», majestueuse. Les quatre voix entrent à tour de rôle, de l’aigu au grave : c’est la descente sur terre du fils de Dieu. Puis le chœur s’anime en une fugue que Bach a noté Gai. La procession initiale retrouve finalement son pas solennel, soulignée par une harmonie en accords.
Le ténor embrasse ensuite toute la course de l’histoire du Christ en un bref récitatif…! Cette attente du Sauveur, rejouée chaque année, n’est pas ignorante de ce qui va advenir, du prix de la rédemption, du don divin. Au contraire, elle en est chargée. Mais tout ce poids symbolique semble éludé, évoqué sans lourdeur, presque à demi-mot. Ce récitatif conduit le chanteur à un air, une prière portée par tous les croyants. Les cordes jouent à l’unisson, à l’image de cette communauté.
Le point de vue bascule alors et la basse, qui est la voix du Christ dans les cantates de Bach, répond avec douceur à cette prière. Les instruments apportent une touche descriptive avec leurs pizzicatos, comme on frappe à la porte. Cette maison devant laquelle se tient le Sauveur, c’est le cœur de l’homme. La soprano -qui, elle, incarne l’âme dans les cantates- exhorte son cœur à s’ouvrir à Dieu. C’est un élan fervent que le violoncelle vient entourer de toute sa délicatesse.
La dernière intervention referme parfaitement cette cantate si subtile. L’attente, l’espoir, tout est confirmé d’un geste symbolique. Bach utilise pour conclure un fragment du choral Wie leuchtet die Morgenstern destiné à l’Epiphanie, épisode de l’hommage des rois mages. Il propulse ainsi ses auditeurs dans le futur, dans l’accomplissement de cette venue du Messie. La soprano énonce la ligne du choral original. Les cordes très brillantes concluent par une longue gamme montante vers l’étoile qui resplendit.

Christian Leblé

La présentation complète de chaque cantate jouée dans ce cycle au temple du Foyer de l’Âme est accessible sur le site Les Cantates 

Mercredi 18 décembre – 20h

Concert d’orgue
Bach etc

 par Frédéric Rivoal