Prédication du 12 novembre 2023

de Valérie Lobry

Pour en finir avec le péché originel !

Lecture : Genèse 3

Lecture biblique

Genèse 3

1 Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs, que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin?
2 La femme répondit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin.
3 Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez point et vous n’y toucherez point, de peur que vous ne mouriez.
4 Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez point ;
5 mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.
6 La femme vit que l’arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu’il était précieux pour ouvrir l’intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d’elle, et il en mangea.
7 Les yeux de l’un et de l’autre s’ouvrirent, ils connurent qu’ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s’en firent des ceintures.
8 Alors ils entendirent la voix de l’Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir, et l’homme et sa femme se cachèrent loin de la face de l’Éternel Dieu, au milieu des arbres du jardin.
9 Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : Où es-tu?
10 Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur, parce que je suis nu, et je me suis caché.
11 Et l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger?
12 L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.
13 Et l’Éternel Dieu dit à la femme: Pourquoi as-tu fait cela? La femme répondit: Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.
14 L’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.
15 Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.
16 Il dit à la femme : J’augmenterai la souffrance de tes grossesses, tu enfanteras avec douleur, et tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi.
17 Il dit à l’homme : Puisque tu as écouté la voix de ta femme, et que tu as mangé de l’arbre au sujet duquel je t’avais donné cet ordre : Tu n’en mangeras point! le sol sera maudit à cause de toi. C’est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie,
18 il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l’herbe des champs.
19 C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans la terre, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière.
20 Adam donna à sa femme le nom d’Eve : car elle a été la mère de tous les vivants.
21 L’Éternel Dieu fit à Adam et à sa femme des habits de peau, et il les en revêtit.
22 L’Éternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal. Empêchons-le maintenant d’avancer sa main, de prendre de l’arbre de vie, d’en manger, et de vivre éternellement.
23 Et l’Éternel Dieu le chassa du jardin d’Éden, pour qu’il cultivât la terre, d’où il avait été pris.
24 C’est ainsi qu’il chassa Adam ; et il mit à l’orient du jardin d’Éden les chérubins qui agitent une épée flamboyante, pour garder le chemin de l’arbre de vie.

Prédication

Alors voilà, le sort en est jeté : au terme de ce chapitre 3 de la Genèse, l’homme et la femme, ainsi que l’intégralité de leur descendance, sont définitivement pêcheurs, et éternellement coupables. Et c’est pire encore au terme du chapitre suivant, qui raconte le meurtre d’Abel par son frère Caïn. Désobéissants, menteurs, mauvais, coléreux, violents, à peine créés les êtres humains sont des créatures qui font honte à leur créateur, qui semble déjà s’en mordre les doigts. Et désormais l’essentiel de leur existence sera occupé à « réparer » ces pêchés initiaux des premiers humains, et surtout ce pêché dit « originel » qui marque encore notre inconscient collectif d’une culpabilité honteuse, et sur lequel nous allons concentrer la prédication de ce matin…

Il faut dire qu’ils l’ont bien cherché ! Si l’on prend le texte à la lettre, Adam et Eve, créés et installés dans un jardin paradisiaque, dans lequel tout leur est donné à volonté, auraient pu vivre éternellement heureux s’ils s’étaient contentés de ce bonheur simple et sans complication. Le jardin d’Eden, tel qu’il est décrit au chapitre 2 de la Genèse, un lieu magique comme on en imagine dans les films de Walt Disney :

des arbres et des fleurs partout, gorgés de fruits et de fleurs, des animaux doux et utiles, des fleuves qui coulent sous des petits ponts bien rangés, des réserves d’or et de métaux et de pierres précieuses qui brillent aux yeux des habitants sans aucun risque. Un lieu où l’on peut vivre nu, profiter de tout ce qui s’y trouve, sauf d’un arbre, central, seul interdit de ce paradis, l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Et c’est justement celui auquel le serpent, puis Eve, puis Adam, goûtent au chapitre 3. Et qui donc provoque leur punition légitime, leur bannissement du jardin, le châtiment qu’ils ont bien mérité puisqu’au fond ils étaient bien prévenus.


Probablement que si on interroge la plupart d’entre vous dans ce temple, le péché originel ne pèse pas grand-chose sur vos épaules, vous n’y accordez aucune importance ou presque… mais tout de même ! même si nous n’y croyons ou n’y pensons pas, ce processus de culpabilité héréditaire a tellement bien imprégné notre inconscient collectif que l’on lutte souvent contre une tendance spontanée à culpabiliser, comme si notre ADN avait intégré les siècles d’injonction chrétienne à l’auto flagellation… Comme si, a priori, « c’est ma faute ».


Alors ce matin j’aimerais tout d’abord explorer avec vous les ressorts de ce pêché, dit « originel » et la résonnance qu’il a encore aujourd’hui dans nos vies. La construction, car il s’agit bien d’une construction de ce mythe qui a permis de faire plier, que dis-je, d’écraser des générations et des générations d’êtres humains, et très singulièrement des femmes, au prétexte qu’ils ou elles seraient responsables par un simple effet de filiation d’une faute due à leur condition humaine, et qu’ils ou elles devraient en quelque sorte payer, racheter, éternellement la faute majeure commise par un ascendant initial.

Et puis dans un deuxième temps je voudrais revenir aux origines et relire ce texte de la Genèse sans le prisme des 2000 ans d’histoire du christianisme qui ont suivi, pour essayer de comprendre ce que nous dit cette mésaventure initiale des relations entre les êtres humains et Dieu. Retrouver le texte brut sans l’influence des coutumes, religions, règles, histoire qui lui ont succédé et ont probablement tordu le sens que nous pourrions lui donner aujourd’hui.

1) Commençons donc par ce mythe du péché originel

Dans le texte original, rappelons-le, le terme de pêché n’est jamais utilisé, mais une explication assez claire de l’enchaînement des événements, depuis l’installation du couple dans le jardin d’Eden jusqu’au fruit défendu et consommé, puis à la punition du serpent, de la femme et du mari, et enfin au bannissement final du couple.

Fin de la séquence, mais pas fin de l’histoire, puisque celle d’Adam et Eve commence réellement à ce moment-là : on dit qu’Adam connaît Eve, qu’ils deviennent les ancêtres de toute l’humanité, ce qui n’est pas rien tout de même ! pas d’autre vengeance divine les concernant, pas d’autre épisode de souffrance pour la suite, pas de culpabilité durable décrite dans les chapitres suivants. Alors pourquoi ce texte initial qui installe un mécanisme de faute/punition/culpabilité ?

Chez les premiers chrétiens, on commence à s’interroger sur la signification de ce texte, à l’instar de Paul qui, dans son épitre aux Romains, chapitre 5 verset 12, écrit : « c’est pourquoi, comme par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu’ainsi la mort s’est étendue sur tous les hommes, parce que tous ont péché…. » on voit bien que Paul commence à utiliser ce terme de péché pour l’appliquer à tous, un péché qui expliquerait la mortalité humaine plus tard rachetée par le sacrifice de Jésus Christ…

2 ou 3 siècles après, les choses commencent à déraper vraiment avec St Augustin au IVème siècle : Nourri au néo-platonisme qui faisait du corps une prison et le siège de toutes les passions négatives, il met au point LE concept qui fera un malheur : celui de péché originel, qui se transmettrait par les femmes.

C’est le point de départ d’un mythe qui perdure dans le monde chrétien depuis 2000 ans, que ce soit dans les dogmes, dans les représentations artistiques liées, dans les coutumes, dans la morale, et jusque dans l’inconscient collectif des chrétiens d’aujourd’hui. Au passage, St Augustin introduit également le concept de « concupiscence » qui découle d’un affaiblissement de la volonté de l’homme, surtout lorsqu’il s’agit de la sexualité. Et l’explication induite, abondamment illustrée mais jamais exprimée clairement, est que le fruit défendu et croqué par Adam et Eve représente leurs premières relations charnelles répondant ainsi à leur désir sexuel partagé.  Et la fautive, la tentatrice, vous l’avez deviné, c’est la femme !

Cette interprétation marque l’ensemble du Moyen Age qui est dominé par l’inquiétude face au péché. C’est à cette époque qu’apparaissent les confessions, les indulgences, et aussi le baptême d’enfants nouveaux-nés, dont on prétend laver la culpabilité héréditaire du péché originel !

Bien plus, cette notion de péché originel donne une autorité morale à la misogynie en faisant retomber l’origine de l’état de pécheur sur la femme. On combat donc le péché comme maladie atteignant le corps social et ecclésial. Les hérétiques et autres sorcières sont brûlés pour guérir la société et maintenir l’ordre. (voir l’ouvrage « Sorcières » de Mona Chollet)

Les femmes se font discrètes, leur sexualité devant être essentiellement reproductrice conformément aux préceptes bibliques et écclésiaux, et 100% déconnectée d’un désir qui lui est systématiquement diabolisé. Leur féminité est constamment questionnée à l’aune de leur réputation, leur comportement prétendument tentateur constamment épié. Elles deviennent les coupables idéales d’une société dominée par les hommes, et cette culpabilité les rabaisse à un rang d’infériorité dont il faudra presque 20 siècles pour venir à bout.

Mais le pire est encore à venir : au fil des siècles la morale prend le relais du péché religieux, et ce sont les règles morales de la société qui, liées à celles de l’église, disent le bon et le mauvais. Il faut désormais confesser ses petites et grandes fautes, rentrer et rester dans des comportements modélisés et normatifs. L’acception moralisante et sexuelle du péché originel a définitivement gagné la partie dans la théologie chrétienne….

La seule voix dissonante viendra de Jean-Jacques Rousseau : pour lui en effet, le péché originel est une doctrine bien commode qui incrimine sans cesse la nature humaine. Il parle avec ironie de ce péché « pour lequel nous sommes punis très justement des fautes que nous n’avons pas commises ».

Lorsque Jean Delumeau, professeur au collège de France, qualifiait l’histoire du christianisme en Occident de « religion de la peur, avec son entreprise de culpabilisation et son obsession de la faute », il faut bien reconnaître qu’il avait raison ! Même dans nos sociétés occidentales largement sécularisées, dans lesquelles le dogme du péché original a peu à peu disparu de tous les catéchismes, on se surprend aujourd’hui à avouer sa culpabilité et demander pardon pour des méfaits commis par les générations qui l’ont précédée, (colonialisme, esclavagisme, complicité de l’arrestation des juifs pendant la guerre, ) on comprend qu’on est encore loin d’inverser la tendance de la culpabilité héréditaire….

2) De quoi Adam et Eve sont-ils coupables ?

Après avoir fait ce tour d’horizon rapide des conséquences assez désastreuses d’une interprétation qui n’a cessé d’être détournée au profit d’une idéologie à sens unique, je vous propose comme promis de relire ce texte dans notre peau d’aujourd’hui, en 2023, mais en oubliant totalement ce que nous connaissons de cette histoire, en oubliant totalement les conséquences conscientes et inconscientes de tout ce que je viens de vous rappeler….

Une sorte de déconstruction, comme on dit aujourd’hui ! donc on déconstruit totalement le mythe d’Adam et Eve, le péché originel, et on repart dans le jardin d’Eden, en compagnie du premier couple humain, supposément créé par Dieu, aux premiers temps de leur existence terrestre.

D’abord gardons à l’esprit qu’il s’agit d’un texte mythologique, tel qu’il en existe d’autres dans d’autres civilisations, justifié par un besoin d’expliquer d’où nous venons sur cette terre. Il est évidemment intéressant de rechercher son sens théologique, mais garder en tête qu’il s’agit bien d’un texte non historique…

Adam et Eve, nus et heureux dans le jardin d’Eden. Ils ont été créés, nous dit la Genèse au chapitre 1, à l’image de Dieu. Si cette expression « à l’image de Dieu » est ambigüe, en revanche leur mission est très claire : soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, dominez sur les poissons les oiseaux et les animaux.

La rédaction du texte exprime vraiment que Dieu leur donne les clefs, qu’il leur délègue tout pouvoir sur la terre et tout ce qu’elle contient. Et pourtant, quelques versets plus loin Dieu installe le couple dans le Jardin d’Eden, qu’on nous décrit comme un paradis sur terre mais avec des frontières, comme une sorte de vie en captivité. Et dans ce lieu Dieu instaure un premier interdit : vous pouvez toucher et manger de tout, sauf des fruits de l’arbre de vie, ou l’arbre de connaissance du bien et du mal. Une interdiction sans appel et sans explication.

Et bizarrement cet arbre est installé en plein milieu du jardin d’Eden.  Est-ce pour les mettre à l’épreuve ? ou au contraire pour les pousser à transgresser son ordre ? Vous avouerez que quand on interdit quelque chose, que ce soit pour des enfants ou pour un quelconque groupe humain, la moindre des choses est de ne pas le poser précisément en plein milieu de leur terrain de jeu ! Ou alors c’est qu’on cherche le résultat inverse !

Une interdiction correspond en général soit à un danger (je t’interdis d’ouvrir la fenêtre car tu risques de tomber), soit à une volonté de garder pour soi sans partage (je t’interdis de toucher à mes affaires), soit encore à un interdit religieux ou un dogme qui la plupart du temps se passe d’explication (tu ne mangeras pas de porc, tu porteras le voile, tu ne toucheras pas ta femme impure pendant ses règles, etc..). Et dans le cas de l’arbre de vie, il semble qu’il s’agisse de tout cela : c’est dangereux, parce qu’on risque d’en mourir, et c’est aussi le domaine réservé de Dieu, puisque c’est l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Quelque chose qui lui appartient, qu’il ne partage pas, et on voit même là apparaître pour la première fois une forme de sacralisation qui permet de positionner quelque chose dans un au-delà humain au nom d’une croyance, et sans se poser d’autre question. Mais en tout état de cause l’interdiction montre bien que Dieu considère Adam et Eve comme des enfants qu’on protège et à qui ont n’expliquera pas tout.

En d’autres termes Il installe sciemment le couple dans le jardin, en lui laissant des clefs, mais en agitant sous son nez son passe-partout. Et ce faisant, il expérimente immédiatement la nature véritablement humaine des êtres qu’il vient de créer : Adam et Eve, comme nous tous, ont besoin de liberté, de transgression, d’imagination, de création peut-être ?

Est-ce que Dieu attendait vraiment d’Adam et Eve qu’ils restent tranquillement dans le jardin d’Eden, sans s’affranchir de cette semi-captivité ? Est-ce qu’au fond il ne souhaitait pas les voir remettre en cause cette interdiction ? Après tout, pour lui aussi, c’est la première fois qu’il expérimente les humains !

D’ailleurs lorsqu’ils mangent du fruit défendu, ce sont eux qui ressentent immédiatement le sentiment de culpabilité, puisque le texte dit qu’ils se cachent et qu’ils prennent conscience de leur nudité, métaphore de leur culpabilité. Dieu les cherche et les interroge. Puis il punit le serpent qui sera toujours un animal maudit, il punit Eve qui enfantera dans la douleur, il punit Adam qui désormais devra extirper sa nourriture d’une terre aride et dure.

Faute/Punition/culpabilité

Alors comment peut-on appeler ce qui s’est passé dans le jardin d’Eden c’est le premier péché, ou bien juste la première manifestation de la nature humaine ?

Une nature humaine que Dieu lui-même découvre essentiellement fragile, essentiellement faillible, qui a constamment besoin de bienveillance pour être poussée dans le bon sens ? Une nature humaine dans une interdépendance avec Dieu, dans un dialogue qui doit apprendre à responsabiliser plus qu’à punir, un dialogue qui n’est fécond que dans une liberté partagée.  En nous maintenant dans un cercle vicieux de action/faute/culpabilité/ comme si nous étions toujours en maternelle, le Dieu des premiers hommes ne nous rend pas service.

En fait, au terme de cette réflexion, je lis ce texte aujourd’hui comme une métaphore psychanalytique de l’adolescence : on passe d’une enfance heureuse et insouciante vers une adolescence rebelle, et avec elle les difficultés à trouver sa place, mais surtout la découverte de la sexualité et du désir, qui provoque de la honte. Le péché serait donc l’affranchissement d’une sorte d’enfance idéalisée vers l’âge adulte sexualisé, avant d’aborder un âge adulte responsable et autonome. Mais quel besoin de mettre ce passage difficile sur le compte d’un Dieu qui voudrait nous censurer ?

Conclusion : De quoi Adam et Eve sont-ils coupables ?

Si le procès du premier couple mythique dure depuis 25 siècles, c’est que l’enjeu est de taille : il s’agit, ni plus ni moins, de comprendre la nature humaine, et par là de comprendre comment sont initiées les relations entre Dieu et les humains. Un dialogue tâtonnant, heurté de rapport de forces, dans lequel chacun avance parfois en décalage par rapport à l’autre.

Un dialogue dans lequel les humains se trompent souvent sur Dieu, lui attribuant plus de cruauté et de colère qu’il n’en a, mais aussi dans lequel Dieu se trompe souvent sur les humains, en les maintenant dans une dépendance inutile, de peur qu’ils fassent des erreurs.

Je veux croire qu’il a tiré de cet épisode initial de précieux enseignements pour le début de ce long chemin avec les humains :

  • Les humains adorent se prendre pour Dieu, mais ils sont capables de le reconnaître et de demander pardon
  • Les humains sont fragiles, ils ont besoin d’aide et de confiance pour avancer et grandir
  • Les humains sont spontanés et parfois brutaux, mais ils sont capables de pardonner, d’admettre leurs erreurs et de faire mieux.

Ce n’est qu’au prix de cet échange exigeant, constant, honnête, non culpabilisant que notre cheminement commun fera de nous des adultes responsables et libres, et en cela je ne peux pas croire que le Dieu des premiers humains soit si différent de celui d’aujourd’hui…