Une prière

Par Charles Wagner

Avec une pensée pour Pierre Beauchamp.
Cette prière, parmi d’autres lectures et pièces d’orgue, a été dite le 13 novembre lors de la célébration en sa mémoire.

Quand je dormirai du sommeil qu’on appelle la mort,
c’est dans ton sein que je reposerai.
Tes bras me tiendront comme ceux des mères tiennent les enfants endormis.
Et tu veilleras.

Sur ceux que j’aime et que j’aurai laissés,
sur ceux qui me chercheront et ne me trouveront plus,
sur les champs que j’aurai labourés,
tu veilleras.

Ta bonne main réparera mes fautes.
Tu feras neiger des flocons tout blancs sur les empreintes de mes pas égarés,
tu mettras la paix sur les jours évanouis, passés dans l’angoisse.
Tu purifieras ce qui est impur.

Et de ce que j’aurai été, moi,
pauvre apparence,
ignorée de moi-même et réelle en toi seul,
tu feras ce que tu voudras.

Ta volonté est mon espérance,
mon lendemain, mon au-delà,
mon repos et ma sécurité.
Car elle est vaste comme les cieux et profonde comme les mers.
Les soleils n’en sont qu’un pâle reflet,
et les plus hautes pensées des hommes n’en sont qu’une lointaine image.

En toi, je me confie.
À toi, je remets tout.

Charles Wagner

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