Ce que je crois

Par Pierre-Jean Ruff

  • Vous êtes protestants, catholiques, agnostiques ou athées. L’important est de bien vivre ce que l’on croit, donc d’être honnête avec soi, Dieu et les autres.
  • La plupart, vous êtes allés au catéchisme. Mais ce que nous croyons doit sans cesse être révisé, réactualisé. C’est cela être un croyant adulte.

Ici je vous propose un résumé de ce que je crois. Je ne souhaite nullement que vous y adhériez, je souhaite que mes convictions vous fassent réagir pour que vous affûtiez les vôtres pour aujourd’hui. C’est cela vivre et être honnête avec la vie. C’est cela aussi qu’être honnête avec les enfants qui nous sont confiés, baptisés ou non.

Par ailleurs, nos mots et nos concepts n’enserrent pas la vérité. Ce sont des approximations qui montrent quelque chose sans le détenir. Tel un poteau indicateur, les choses importantes sont bien au-delà de nos mots pour le dire. Pourtant, aussi fragiles soient-ils, nos mots, nos paroles sont indispensables dans l’existence.

Donc, ce que je crois :

Dieu

  • Personne n’a jamais vu Dieu. “Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous et son amour est parfait en nous” (I Jean 4, 12),
  • Même le meilleur théologien n’est pas en mesure de parler de Dieu avec certitude. Il ne se voit pas et ne se décrit pas. Il se ressent. Là où l’amour est authentique, Dieu est toujours présent qu’on le connaisse, qu’on l’ignore ou qu’on nie son existence. Il est donc la plénitude de l’amour, dans un monde qui reflète bien insuffisamment l’amour.
  • A son sujet, aucune définition de catéchisme n’est satisfaisante. Il est une présence qui nous accompagne, sur les chemins de la vie. Il est une énergie positive ou bonne. Il est celui qui donne son sens à la vie en général et à ma vie en particulier.

Jésus, le Christ

  • Deux conceptions différentes ont cours depuis les origines du christianisme parmi les chrétiens, ses disciples.
  • Pour les uns, le Christ est à la fois Dieu et homme. La Croix, son sacrifice, certifie le salut de ceux qui croient en lui.
  • Pour les autres, Jésus est le fils de Dieu, le plus grand des prophètes, mais pas dieu lui-même. Son sacrifice a une valeur morale et exemplaire. Il montre la voie où l’on renonce à soi pour faire partie de ceux qui veulent vaincre le Mal.
  • Pour tous les chrétiens, Jésus est un ami ou un frère, représentant de l’amour de Dieu parmi les hommes.

L’Esprit

  • L’Esprit ou esprit de Dieu est la forme tangible que Dieu prend pour parler au cœur de chacun. Le réformateur suisse Zwingli dira qu’il est le seul lien entre Dieu et chaque croyant. Aucune institution ne peut le remplacer.

La foi et les croyances

  • La foi est la relation intime entre Dieu et chaque croyant. Elle est irremplaçable. Les croyances sont les vérités ou les pratiques religieuses de chaque église ou de chaque communauté religieuse. Elles sont nécessaires et respectables tant qu’elles se savent contingentes et circonstancielles et qu’elles ne revendiquent aucun label d’absoluité.

L’espérance chrétienne

  • La foi chrétienne se définit en priorité par l’amour. Mais l’amour n’est pas l’apanage des seuls chrétiens. En revanche, l’espérance d’un monde futur et meilleur est le propre des chrétiens et des autres croyants. Cette espérance dépasse le court terme.

Les églises chrétiennes

  • Si j’étais né aux Indes ou dans le bled algérien, je ne serai sans doute pas chrétien. Je veux croire que Dieu ne m’en aimerait pas moins. Il nous faut en finir avec cette croyance de la supériorité des églises chrétiennes sur les autres religions et des croyants sur les agnostiques et les athées. Il m’arrive de dire que je suis un déiste chrétien. Par-là, j’atteste que je suis sur le même plan que n’importe quel autre croyant, mon appartenance au christianisme étant seconde.
  • Théodore Monod déclare : « Pour moi, il y a une montagne unique, la même pour tous. Les uns et les autres, nous la gravissons par des sentiers différents. Les uns montent par ici, les autres par-là, mais nous avons tous l’ambition et l’espoir de nous retrouver au sommet, dans la lumière, au-dessus des nuages ».
  • Pour moi, les églises devraient être des auxiliaires de vie. L’auxiliaire de vie est indispensable pour dépanner ceux qui ont un handicap dans l’existence, soit qu’ils ne puissent plus avancer, soit qu’ils ne sachent plus où avancer. Mais l’auxiliaire de vie n’a aucun pouvoir. Il exécute, il secourt. Ce n’est jamais le décideur.

Les sacrements

  • Nous ne sommes pas de purs esprits. Aussi, selon les personnes, nous avons plus ou moins besoin de signes ou de symboles dans l’existence. Telle est la vocation des sacrements. Ils ne sont pas la foi, mais des aides à la foi. Saint-Augustin dit que le sacrement est le signe visible de la grâce invisible. Veillons à ne pas confondre le signe et la chose signifiée.

En conclusion

Voilà ce que je crois aujourd’hui. Il est normal que d’autres sensibilités et d’autres convictions s’expriment. Évoquant mes convictions, je veux seulement inciter chacun à réagir et à mieux formuler ses propres convictions religieuses.

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